Maintenant que lon a vu don venait le phénomène du participatif, intéressons-nous à son usage de plus en plus important dans le financement de startup. Même si le phénomène est bien présent en France, il est également arrivé au Québec via Kickstarter, ce qui m’a permis de tenir au fait de l’actualité avec des nouvelles fraîches (notamment via le pendant québécois des Échos, Les Affaires).

De fait, dans le secteur des startups, le financement participatif, plutôt européen, s’est enrichi de la notion de « crowdsourcing” et de business angle, aux influences beaucoup plus anglo-saxonnes et notamment américaines. Le mélange des deux a pour vocation de donner à cet investissement de particulier un aspect professionnel tout en démocratisant l’acte d’investir dans une jeune pousse d’entreprise innovante.  Et pour atteindre ce financement collectif, les différents systèmes permettant cet investissement  misent avant tout sur le levier de l’internet, et notamment des médias sociaux. Et derrière chaque plate-forme, il y a toujours une équipe de professionnels de l’innovation et de l’entrepreunariat souvent associé implicitement avec un groupe d’investisseurs (« tour de table », SIBA, VC, fonds d’amorçage ou « business angels »).

Pour chaque investissement (dont la somme minimale est souvent assez basse, autour de quelques dizaines d’euros), l’internaute devient actionnaire du projet.

Faisons maintenant un peu le tour des  plateformes qui ont été lancé dans cette optique du financement de jeune entreprise :

  • La référence reste Kickstarter qui est américain et qui a été lance dès 2009. Elle est cependant assez généraliste, car elle finance aussi bien des entreprises, des projets mais également des films indépendants (festival Sundance),
  • L’équivalent européen de Kickstarter est Ulule, notamment en terme de projets. Mais là encore, on finance aussi bien des entreprises que des projets ou des
    Torn & Cut One Dollar Note Floating Away in Small $ Pieces
    photosteve101 / Foter / CC BY

    inventions.

  • Beaucoup plus ciblé sur les entreprises, on trouvera en Belgique, MyFirstCompany qui a été lancé assez récemment et comporte déjà des projets très intéressants. L’investissement initial est de 50 euros.
  • En  France, on trouvera aussi des plateformes comme MaSuccessStory.com ou FriendsClear.com, ou encore Octopousse.com (plus ciblée dans le communautaire). WiSeed à Toulouse est également à surveiller pour son dynamisme sur Internet et les médias sociaux.
  • Mais pour l’instant les levées de fonds sont beaucoup plus faibles, notamment du fait des importantes contraintes administratives (un simple prêt de 100€ demande deux pièces d’identité, un justificatif de domicile et un justificatif de résidence en France). De nombreux acteurs agissent en ce moment pour tenter de faire sauter ce verrou bloquant le financement participatif. La culture est également à faire évoluer pour prouver le bien-fondé de cet investissement. C’est pourquoi actuellement, les investissements pour chaque personne sont d’un montant relativement plus important (entre 500 et 1000 euros) ou passent par une structure gérée, avec compte sous séquestre, prêt privé et avocat pour les comptes sous séquestre.  Le plus souvent sous forme de holding. Cela donc reste assez lourd et peu fluide.
Pour autant, certains exemples de financement sont déjà là pour montrer la pertinence de ce type d’investissements. Par exemple, la plateforme Kickstarter a permis de récolter plus de 1 200 000 dollars, financés entièrement par des joueurs de jeux vidéos.
Autre exemple : la console de jeux vidéos Ouya, utilisant des technologie existantes (Android notamment) mais proposant un concept innovant (jouer gratuitement à de nombreux anciens jeux) : résultant 60000 investisseurs pour un fonds récolté de 8.6 millions de dollars.
Enfin un projet de montre bracelet, The Pebble, a récolté plus de 10 millions de dollars alors que les créateurs ne prévoyait de récolter que seulement 10 0000 dollars. L’engouement et les possibilités sont donc bien réelles.

Bref, encore une fois le financement participatif et le crowdsourcing est en avance aux USA, notamment du fait de contraintes culturelles et administratives en Europe et surtout en France. Et pourtant, rien n’est perdu, car le dynamisme des start-ups françaises, notamment Internet, n’est plus à prouver. Et on assiste actuellement à une véritable structuration des organes permettant les rapprochements entre investisseurs privés et startups tout en menant des opérations de « lobbying » sur le gouvernement pour fluidifier les possibilités d’investissement. C’est le ‘‘p2p venture” ou ” réseaux sociaux de financement “.

Et en attendant, il vous restera toujours l’Oseo Anvar qui vous donnera accès à sa base de données de startups innovantes, moyennant inscription (gratuite).


VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/5 (0 votes cast)
Pin It
 

ABONNEZ-VOUS