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#Startup Qu’est ce qui nous permet d’avancer ? (2/2)

Cet article fait suite à la question de la motivation de l’entrepreneur que nous avons abordé il y a quelques semaines environ. Cette semaine, nous allons nous pencher sur les facteurs environnementaux qui favorisent l’éclosion et le développement de start-ups.

Loin de moi l’idée d’apporter une liste exhaustive de facteurs favorisant le développement de startups tant il peut y en avoir. L’idée est de revenir sur les principaux, ceux qui sont cruciaux et d’ouvrir le débat. D’un point de vue extérieur, de quoi a besoin une startup pour se développer ? Je me suis permis de poser la question à quelques entrepreneurs de mon entourage.

Voici les réponses qui reviennent le plus souvent :

Et les réponses qui ont été suggérées sans pour autant avoir été sélectionnées :

A ce propos, je vous conseille la lecture de cet excellent article de Benjamin Joffe qui revient sur les 6 points essentiels pour créer une Silicon Valley, autrement dit un environnement favorisant innovation, prise de risque, échecs et succès : un marché, du capital, du monde, une culture, une infrastructure et une régulation.

De notre côté, je vous propose de ne retenir qu’une image : un terrain de jeu, des personnes avec qui jouer et pour finir, des billes.

Un terrain de jeu

A chaque fois que se pose la question “Pourquoi n’avons nous pas un Google, Facebook, Amazon ou Apple français“, l’argument de la taille du marché initial revient sur la table. Même si la taille du marché a son importance, nous verrons qu’il n’y a pas que ça.

Il va de soit qu’il y a une différence entre proposer dès le départ son produit à plusieurs dizaines de millions de potentiels consommateurs et le proposer à plusieurs centaines de millions de personnes. Les entrepreneurs présents sur des marchés nationaux gigantesques semblent réellement favorisés, mais la taille de ce marché est-elle leur véritable premier atout ? Je le pense, mais pas spécifiquement pour la même raison que nous venons de citer.

Les entrepreneurs qui sont passés par là pourront vous le confirmer, entreprendre au sein de ce type de marché implique dès le départ de proposer un produit standard. Imaginez le nombre de sous-cultures, de références différentes que peuvent recenser ces pays. Il n’y a qu’à voir les différences culturelles entre le nord et le sud de note cher pays, ou entre les différents pays européens !

Pour moi ce n’est donc pas tant la taille du marché national qui est importante, mais ses caractéristiques qui vous poussent à développer un produit suffisamment standard pour pouvoir être adopté naturellement partout dans le monde.

Des joueurs

Maintenant que nous avons un terrain de jeu, il nous faut des joueurs. Des personnes avec qui jouer, mais aussi avec qui s’entraîner, s’améliorer, échanger des techniques, etc.

Si le terrain de jeu est notre marché, nous pouvons considérer les autres joueurs comme étant nos concurrents, tout du moins en se positionnant dans une dimension concurrentielle. Beaucoup de théories passionnantes abordent la question de la concurrence. Beaucoup citeront l’Art de la guerrecomme étant le livre de référence à tout enseignement, même s’il est à mon sens bien souvent mal compris de nous autres, occidentaux.

entrepreneur

Quoiqu’il advienne, nous pouvons nous reposer sur certains principes de base. Afin de toucher son marché, l’entrepreneur met au point une stratégie. Cette dernière, tout en étant adaptée à ses moyens doit permettre à l’entrepreneur d’acquérir un avantage concurrentiel.

Quelles formes peut prendre cet avantage concurrentiel ? Une technologie qu’il est le seul à avoir, un partenariat exclusif, une équipe de collaborateurs tous plus talentueux les uns que les autres, bref, tout ce qui peut permettre de faire pencher le rapport de force avec la concurrence en sa faveur.

Afin de mettre en place la meilleure des stratégies, l’entrepreneur doit s’entraîner. Il doit évoluer au sein d’un écosystème où l’échec est permis. Il doit se positionner dans un processus d’apprentissage et d’amélioration constant qu’il ne pourra acquérir qu’au sein de cet écosystème. Nous avons précédemment vu que l’entrepreneur, avec toute sa bonne volonté ne pourra accomplir tout le travail à fournir seul. Ceci implique qu’il n’ait pas assez de bras, mais aussi le fait qu’il n’ait pas la science infuse.

C’est là qu’entrent en jeu les satellites intellectuels de la société. Ces consultants, chercheurs, entrepreneurs qui, par de simples échanges et collaborations enrichiront les connaissances et le savoir faire de la société dans son ensemble.

Si nous devions résumer tout ceci en une phrase, nous pourrions dire que l’entrepreneur a besoin de concurrents avec qui se battre et d’épaules ou de cerveaux sur lesquels s’appuyer.

Des billes

Nous avons désormais un terrain de jeu et des joueurs. Que manque-t-il à votre avis ? En effet, des billes. A quoi bon s’entraîner sinon ?

Dans le cas présent les billes prennent le rôle de fonds. L’entrepreneur a besoin de cash. Il s’agit de son oxygène sans lequel il ne pourrait avancer.

Comment faire si nous n’avons pas de billes ? Deux solutions : en emprunter ou s’associer avec des personnes qui en ont, vous les mettront à disposition tout en récoltant une partie des gains, s’il y en a.

En l’état actuel, considérez l’entrepreneur comme un joueur débutant. Personne ne le connaît, ce qui signifie que personne ne lui prêtera de billes. Sa société est trop jeune, bienvenue dans la triste réalité du financement bancaire.

Le joueur débutant intéresse cependant une catégorie de personne : les parieurs. Ils aiment parier sur l’avenir, mise quelques billes, conseiller le joueur, l’accompagner, le tout dans l’optique de récolter plus de billes qu’ils en ont investit. Je vous présente l’investisseur.

Techniquement parlant, alors que le banquier prête de l’argent à la société, l’investisseur lui achète des actions. Il pourra éventuellement recevoir des dividendes de ces actions, seulement plus le domaine dans lequel nous nous situons a besoin d’investissements, moins nous verrons de sociétés verser de dividendes. La raison en est simple : le dividende constitue une perte sèche de trésorerie pour la société, ce qui peut considérablement réduire sa capacité d’autofinancement, d’investissement.

Dans ce cas là, comment l’investisseur va-t-il tirer un bénéfice ? En retirant ses billes, c’est à dire en cédant ses actions. Encore faut-il qu’il trouve acheteur me direz vous. En effet, c’est toute la problématique. Dans la mesure où sur les marchés non côtés les actions sont très peu liquides (comprendre qu’elles ne peuvent s’échanger facilement), cet investisseur a relativement peu de portes de sorties.

En définitives, la semaine dernière nous sommes revenus sur la motivation de l’entrepreneur. Un mélange d’accomplissement personnel, d’envie d’améliorer son petit monde et de s’enrichir. Aujourd’hui nous venons de voir que l’entrepreneur évolue au sein d’un écosystème fragile qui en France a mis une dizaine d’années à devenir ce qu’il est aujourd’hui.

Je terminerai mon exposé par une question simple. A votre avis, qu’est ce qui peut mettre en danger nos entrepreneurs, notre écosystème, notre future économie ? Attention aux pièges 😉